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Montpellier - Sète - Béziers Expositions & ÉvénementsProgrammation à Montpellier

Exposition Khamsin

Conception graphique : Inès Hosni

13/05/2026

Exposition Khamsin 
Du 28 mai au 6 septembre 2026
Vernissage le mercredi 27 mai de 18h à 21h 

Commissariat : Juliette Hage 
Appel à projets de commissariat 
Avec : Maïssane Alibrahimi, Cindy Bannani, Garance Butler-Oliva, Lucie Gholam, Mehdi Görbüz, Amine Habki, ludovic hadjeras, Liên Hoàng-Xuân, Inès Hosni et Arash Nassiri
Conception graphique : Inès Hosni

 

En arabe, khamsin signifie cinquante. C’est aussi le nom que l’on donne à un vent brûlant, chargé de poussière, qui souffle depuis l’Égypte vers les pays du bassin oriental de la Méditerranée. Dans son sillage, il y laisse un dépôt, une fine couche orangée qui, une cinquantaine de jours par an, tapisse le monde arabe d’un écran de sable aux couleurs d’incendie. Dans le roman L’Éden à l’aube de l’auteur palestinien Karim Kattan, le khamsin se met à souffler en continu pendant plusieurs saisons :

« Cette année-là, le khamsin se leva en février. […] Les maisons, les fenêtres, les grilles, les vitres étaient recouvertes de sable, ainsi que les checkpoints, les vendeuses d’herbes, les chiens errants, les fusils et les chardons, les voitures vieilles et neuves, les draps fraîchement repassés, les concombres et les courgettes, et les roses, et les piscines, et le ciel. […] Plus la saison avançait, plus le khamsin déglinguait ce petit coin du monde qui ne produisait désormais presque aucune donnée traçable, pas le moindre signal, pas une once de data. Le pays, caché sous ce vent, s’était comme dérobé à la planète, volatilisé. »

À travers un récit aussi suspendu que prophétique, le sable ensevelit lentement les lieux qui abritent sa fiction, quelque part en Palestine, entre Jérusalem et Jéricho, devenue la toile de fond d’une histoire d’amour en territoire empêché.

L’exposition collective fait le choix d’emprunter son nom à ce vent de sable pour le lire comme un outil métaphorique qui vient désigner une force extérieure venue tout éteindre, tout dynamiter, tout engloutir, enfouissant les récits, les lieux, les histoires de celles et ceux qui le croisent. Car ainsi recouverts, les territoires s’uniformisent, ils se dissolvent et deviennent une non-zone, un non-lieu, un espace tiers qui n’a pas de frontière mais qui incarne la frontière même, une zone de passage désertée, vidée, mais encerclée de checkpoints, un espace où tout est à penser sous la menace de l’occupation.

Si l’exposition collective Khamsin fait le choix de la métaphore, c’est que c’est dans cet espace neuf et épuisé que de nouvelles formes narratives et plastiques sont possibles. Face à la défaite d’un monde qui tolère les stratégies d’effacement de certains récits, ne reste-t-il pas que la fiction pour (ré)écrire de nouveaux itinéraires d’évasion ? Et si les guerres, les situations d’exil et les déplacement impliquent fréquemment des difficultés de transmission des récits intimes, n’y a-t-il pas une nouvelle manière de faire mémoire en comblant ces failles par des investissements imaginaires puissants ? C’est autour de ces interrogations que les artistes de l’exposition sont réuni·es et qu’il·elles déploient une diversité de gestes et de stratégies de figuration de la mémoire qui traversent leur travail. Ainsi l’utilisation d’images d’archives pour combler une histoire absentée, la présence fantômale de pratique ancestrale, le besoin de faire un détour par la fiction pour se raconter, la déconstruction d’une iconographie exotisée, l’importance de s’inscrire dans une lignée d’artistes ou de poètes·ses qui sortent du référentiel occidental sont autant de ruses poétiques pour réaffirmer des récits enfouis et reconstruire des transmissions interrompues.

Devenu un aiguillage curatorial dans un espace en perte de repères, le khamsin s’affirme ici comme une nouvelle boussole, capable de se défaire des coordonnées spatiales, économiques, politiques prêtées à l’Occident pour penser un véritable décentrement du regard. À l’heure où les tentatives d’effacement s’intensifient, où certains corps sont éliminables sans deuil, où des villages entiers disparaissent des cartes, où la terre se transmet comme une langue malgré la pulvérisation de phosphore blanc , les bombardements, les incendies et les déracinements, Khamsin cherche à rappeler ce droit indéfectible à la poésie et à la fiction. Et même si, comme l’écrit le poète palestinien Mahmoud Darwich, « la langue et la métaphore ne suffisent point pour fournir un lieu au lieu », l’exposition collective propose de partir des silences et des manques qui ponctuent les récits d’artistes aux parcours migratoires complexes pour combler l’absence du lieu, et trouver, par un recours à l’histoire personnelle, un nouvel espace où le récit intime s’associe au mythe.

- Juliette Hage, commissaire de l'exposition

 

Biographie de la commissaire : 

Juliette Hage est une curatrice franco-libanaise dont le travail s’articule autour des problématiques de transmission des récits diasporiques et leur manifestation dans le champ de la création contemporaine. Elle s’appuie sur le concept de « postmémoire » pour interroger les manques et les oublis qui ponctuent les récits d’artistes transnationaux·les et analyse les stratégies par lesquelles ces dernier·es parviennent à créer de nouvelles formes narratives et plastiques à partir de ces silences. À travers une approche à la fois sensible et théorique, elle revendique un déplacement de la notion « d’exposer » vers celle de « l’habiter », permettant ainsi aux artistes aux histoires migratoires complexes de faire de l’exposition un espace de territorialisation de l’intime.

Biographie des artistes :

Maïssane Alibrahimi
Maïssane Alibrahimi est une artiste franco-marocaine dont la pratique interroge les rapports de pouvoir, les structures patriarcales et les récits et construction de la féminité à travers une perspective féministe et décoloniale. Elle explore les tensions entre douceur et résistance, tradition et subversion, en mobilisant des matériaux symboliques et domestiques qu'elle transforme en structures fragiles, ornementées et évolutives, à la croisée de la sculpture, de l'installation et de la performance machinique. Puisant dans l'intimité du foyer, elle en extrait gestes, usages et micro-rituels. Son travail s'appuie sur les latences des objets, des codes cérémonials et des images domestiques, explorant la façon dont le corps inscrit sa présence dans le temps et l'espace. En activant ces formes ordinaires, elle met au jour des fragments et totems du quotidien dont la banalité masque la charge symbolique.

Fondées sur l'assemblage, l'empilement et l'éphémère, elle développe une esthétique du déséquilibre et de la transformation. Ses gestes, à la fois méditatifs et transgressifs, déconstruisent les formes normées pour révéler la violence latente inscrite dans les structures économiques, sociales, familiales et spirituelles. Sensible aux transmissions culturelles et aux héritages contradictoires, elle détourne les codes de l'ornementation, des symboles traditionnels et des rites pour les reconfigurer comme des espaces critiques, des stratégies d'émancipation, de déplacement et de réappropriation.

Diplômée de la Villa Arson (Nice), et d’un MBA international en Art à l’IESA (Paris) elle vit et travaille entre Paris et Rabat. En 2024, elle est sélectionnée pour le programme Arab Artists Now – Feminist Legacies porté par K-oh-llective et Lina Ramadan. En 2025, elle reçoit le Prix du Public au Prix Icart Artistik Rezo et le Prix du Jury du Prix Dauphine pour l’Art Contemporain, aux côtés de la curatrice Juliette Hage.

Cindy Bannani
Cindy Bannani est diplômée des Beaux-Arts de Grenoble (2018) et de Berne (2020). La recherche est son médium premier, un geste fondateur pour explorer les récits effacés et l'espace intime. De la vidéo à la broderie, son travail redonne voix aux histoires marginalisées, notamment celles de l'immigration maghrébine en France. Elle interroge les modalités de transmission pour proposer des contre-modèles de narration. Ses œuvres créent des espaces collectifs et hospitaliers où chacun peut reprendre possession de son histoire, faisant de la recherche un outil plastique au service des communs.

Garance Butler-Oliva
Née en 1999 à Paris, Garance Butler-Oliva vit et travaille à Aubervilliers au sein des ateliers Poush. Elle est diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts de Paris-Cergy. Après un cursus de cinq ans, elle obtient son DNSEP en 2023.

Son travail a été présenté lors de l’édition 2024 de 100% L’EXPO. Elle est lauréate du prix Artagon-Adam Lavrut en 2023 et a bénéficié en 2025 d’une résidence au sein de la Fondation Fiminco (Romainville) et de l’Abbaye de Maubuisson (St-Ouen l’Aumône).Par le travail de l’installation et de la sculpture, Garance Butler-Oliva s’intéresse à la patience et à la lenteur, en proposant des formes dont l’expérience se vit à contre-courant de la rapidité et de l’optimisation temporelle actuelle. Dans une société saturée par le flux visuel constant et la surproduction d’image, le temps de réflexion nécessaire au regard critique s’efface. Garance Butler-Oliva tente de produire une image lente, ne se révélant que parce que le spectateur s’y dédie. Une image qui ne peut être consommée immédiatement, exigeant la réflexion avant la consommation et réengageant le consentement du spectateur à l’image. Ces recherches explorent notamment la Hasbara — la stratégie de communication de l’État israélien à l’international — où la manipulation de l’informations et de l’histoire joue un rôle central. Issue d’une famille juive franco-israelienne, elle tente tout en s’inspirant des rituels et lieux de culte judaïque de porter une voix juive décoloniale, encore minoritaire au sein de la scène artistique.

Lucie Gholam
Lucie Gholam est une designer-maker franco-libanaise basée à Paris. Diplômée en design d’espace de l’École Boulle à Paris en 2019, elle poursuit ses études à l’Université Aalto avant d’obtenir son diplôme à la Design Academy Eindhoven en 2023. Son travail s’articule autour du concept d’« hyper-ruine » : une réflexion sur la transformation des matériaux, la disparition des formes bâties et les traces de la mémoire collective dans les objets. Elle mêle ainsi recherche personnelle et questionnements sur des enjeux contemporains, interrogeant autant la valeur des matériaux que notre attachement aux objets et aux espaces. Sa démarche s’oriente vers l’utilisation de matériaux plus circulaires et la revalorisation de l’existant. Lucie aime jouer avec les archétypes et puise son inspiration dans des domaines tels que l’architecture, la sculpture, la pop culture, les théories queer et féministes, ainsi que dans son héritage français et libanais.

Mehdi Görbüz
Mehdi Görbüz, né en 1997 à La Louvière (Belgique). Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre (Bruxelles), il continue son parcours à Central Saint martins ( Londres ) et ensuite à L’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, où il continue à developper sa pratiquedans les ateliers de Julien Creuzet et Angelica Mesiti. Il a exposé notamment aux Anciens Abattoirs de Mons, à la Tate Modern à Londres, au BPS22 à Charleroi, à KANAL Centre Pompidou à Bruxelles. Il est lauréat du prix DIOR de la Colle Noire en 2024.

Par un travail pluridisciplinaire, mêlant à la fois sculpture, photographie et vidéo, Mehdi Görbüz cherche à comprendre comment les réalités sociales s’entremêlent aujourd’hui aux phénomènes de globalisation. Comment faire cohabiter à la fois spiritualité et culture populaire.Il déconstruit ces images devenues icônes, créées et fantasmées par la mondialisation. Il analyse ces relations mises en place entre mythe, foi et échange de valeur, qu’il soit matériel ou immatériel.

Amine Habki
La broderie est le fil rouge du travail d'Amine Habki qui s'en sert pour explorer les représentations masculines afin de les réinventer. À contre-courant des matériaux nobles et des couleurs sobres utilisés pour figurer la virilité, l'artiste utilise des couleurs vives pour créer une nouvelle iconographie célébrant la vulnérabilité et le repos de ces archétypes. Bien que non autobiographiques, ses œuvres constituent néanmoins des alter egos, issus de ses propres récits et recherches référentielles. Marqué par un héritage culturel méditerranéen, l'artiste invente des formes où dialoguent une pluralité de symboles, de métaphores et de mythologies.

ludovic hadjeras
ludovic hadjeras vit et travaille entre Marseille et Alger. Sa pratique porte une attention particulière à la présence d’autres animaux, cherchant le contact et, parfois, la collaboration. En envisageant le loup-garou comme une figure hybride diplomatique capable d’apaiser les tensions entre humains et loups, son travail est animé par une quête d’identité autre-qu’humaine : une forme de devenir qui interroge les relations écologiques, les liens relationnels et les modes de communication entre espèces.

Au gré des différentes rencontres, le devenir-garou s’est élargi à d’autres espèces non lupines. Les récits, habités par des oiseaux, des renard·es ou des papillons de nuit, se traduisent dans son travail à travers des sculptures, des vidéos, des installations et des textes. Sa recherche se déploie souvent sous forme d’enquêtes au long cours sur les enchevêtrements écologiques, politiques et culturels entre espèces. À la croisée du mythe et de l’ethnographie, de la fiction et du travail de terrain, la pratique de hadjeras interprète la figure de l’hybride comme médiateur : un être capable de faire le lien entre des mondes singuliers.

Inès Hosni
Inès Hosni est une artiste franco —marocaine—tunisienne, diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg en 2019 et basée à Marseille depuis. Son travail et ses recherches s’appuient sur une pratique du graphisme dit « polyscript » (différents systèmes d’écriture) pour comprendre les multiples outils de langages et de représentations possibles des diasporas nord-africaines. Actuellement en Post-Master au Casino Display au Luxembourg, elle poursuit cette réflexion et rendra compte de ce travail au cours d’une exposition collective (Unless I’m mistaken,) fin mai 2026.

Son travail pour l’exposition Khamsin se divise en deux interventions: la conception de l’identité graphique, puis la réalisation d’une œuvre en vitrine extérieure, sur invitation de la curatrice Juliette Hage. Pour l’une comme pour l’autre, elle pointe la trajectoire linguistique du mot « khamsin » (translittération venant de l’arabe خماسين(, et surligne les échanges insoupçonnés entre français, anglais, arabe classique ou arabe dialectal.

Liên Hoàng-Xuân
Liên Hoàng-Xuân est une artiste de nationalité franco-tunisienne, passée par les Beaux-Arts de Paris et l'Académie Libanaise des Beaux-Arts de Beyrouth. Son travail mêle sculpture, installation, peinture et vidéo, et développe des récits de transformation, d'errance et de résistance affective face aux environnements hostiles. Déployant des géographies fictionnelles où le registre lyrique rencontre le récit apocalyptique ou complotiste, son travail a été présenté dans de nombreuses expositions en France et à l’international (Beirut Art Center, Fondation Fiminco, 32bis Art Center Tunis, La Villette...)."

Arash Nassiri
Né en 1986 à Téhéran en Iran, Arash Nassiri vit et travaille à Berlin. Diplômé des Arts Décoratifs de Paris en 2012, Arash Nassiri a poursuivit sa formation au sein du Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains. La formation d’Arash Nassiri inclut également l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris ainsi que l’Université des Arts de Berlin, où il a séjourné en 2010. Son travail explore l’héritage de l’influence occidentale sur Téhéran. Sa pratique s’inspire des langages visuels des clips musicaux, de la télévision et du cinéma, en réinvestissant des formats familiers pour les transformer en formes spéculatives et allégoriques. Son travail explore souvent la manière dont les environnements bâtis absorbent et reflètent les histoires de migration, de déplacement et d’hybridité culturelle. 

Parmi ses expositions récentes : Half-Light, KW Institute for Contemporary Art, Berlin, 2024 ; Rayon Jouets, Hangar Y, Paris, 2024 ; GRIS NARDO, Octo Productions, Marseille, 2023 ; Barbe à Papa, CAPC Bordeaux, 2022 ; Metabolic Rift (Berlin Atonal), Kraftwerk Berlin, 2021.Ses œuvres vidéo ont été projetées au New Directors MOMA, à la Biennale de Berlin, à l’ICA de Londres et au CPH:DOX.

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