15/01/2026
3D
Une exposition de l’artiste Marlie Mul
À l'initiative de Benoît Lamy de La Chapelle, commissaire de l'exposition et membre du comité artistique de Mécènes du Sud
Du 29 janvier au 16 mai 2026
Au 13 rue des Balances, 34 000 Montpellier
Vernissage le mercredi 28 janvier 2026 de 18h à 21h
Suite à mon invitation en tant que membre du comité artistique de Mécènes du Sud Montpellier-Sète-Bézier, Marlie Mul propose l’exposition 3D, rassemblant pour la première fois plusieurs séries d’œuvres ayant pour point commun le silicone comme matériau de base. Depuis 2020, l’artiste explore et expérimente ce médium dans son atelier, à l’occasion de plusieurs expositions. Cette suite de séries montrées à Montpellier témoigne de l’intérêt de l’artiste pour les multiples variations offertes par ce matériau. Alors qu’elles furent préalablement exposées indépendamment, l’exposition 3D propose d’apprécier les quatre séries ensemble pour la première fois, et de faire l’expérience des différentes étapes de ce travail.
En regardant de la rue par la vitrine, le passant assiste alors à une micro fiction comme lorsqu’on observe les intérieurs éclairés dans la nuit. Les sculptures semblent déambuler dans l’espace d’exposition, elles regardent les autres œuvres, discutent entre elles, donnent leur opinion et émettent des critiques, comme si elles se trouvaient dans la position des visiteurs. Ce premier ensemble présente des sculptures hybrides entre spermatozoïdes surdimensionnés et crânes d’hommes dégarnis, dont les cheveux restants ont été implantés à la main par l’artiste. Ces sculptures, aux attributs anthropomorphiques, accueillent les visiteurs à l’entrée de l’exposition. Se propageant à travers la suite de salles jusqu’à l’étage, les séries suivantes poursuivent cet esprit de dialogue, les œuvres se mêlant les unes aux autres, à partir de rapports formels, de connivences chromatiques, ou parce qu’elles évoquent d’étranges correspondances. On trouve des photogravures en noir et blanc, représentant les sculptures en forme de spermatozoïdes en train d’être conçues dans l’atelier dans Unnamed (Scalp) : leurs portraits photographiques en deux dimensions. Alors que ces œuvres obtiennent leur forme à partir d’un moule typique, celles de la série Unnamed Charms, sont réalisées grâce à de fines feuilles de silicone pliées, écrasées et transpercées, parfois parsemées de faux cheveux, agrémentées de petits os en plastique ou de breloques. Objets à la symbolique et à la fonction inconnues, ils semblent débarqués d’une autre dimension où leur utilité serait avérée, et la présence des cheveux comme des os, fondée par un usage précis. Leurs plis sont empalés à l’aide d’une tige d’acier inoxydable que l’on retrouve dans les séries des Larges Charms et Pouch pour lesquelles les feuilles de silicone se déploient dans des sortes de bas-reliefs mous. Entre le tableau et la sculpture murale, ces compositions sont constituées de deux ou plusieurs couches de silicones, assemblées et pliées par superpositions, et finalement contenues sur elles-mêmes.
Le terme 3D évoque la mutation, le changement d’état plus que la rigidité ou la supposée permanence de la sculpture. C’est aussi un terme simple, voir laconique, galvaudé qui se perd dans sa polysémie technologique : l’imagerie 3D, l’impression 3D... Pourtant chez Marlie Mul, 3D nous ramène à la solidification de la matière, à la présence physique des corps et à la création de formes à partir de fluides. Dans l’exposition 3D, le silicone ne se solidifie jamais tout à fait : il se faufile, change de forme et d’aspect, se plie et se déplie, s’échappe du mur, pour y retourner, en trois dimensions.
Benoît Lamy de La Chapelle, commissaire de l’exposition
Biographie de Marlie Mul :
Marlie Mul (née en 1980 aux Pays-Bas, vit et travaille à Bruxelles) a étudié la mode et le design textile, les beaux-arts, ainsi que l’histoire et la théorie de l’architecture. Sa pratique oscille entre la sculpture, l’impression, la peinture, la mode, le graphisme, la pédagogie, l’écriture, la distribution, l’expérimentation dans le branding, et l’organisation de diverses plateformes, telles que ses projets HERMANY et PMS. Son travail a déjà fait l’objet d’expositions individuelles à la Kunsthaus Glarus et au 243 Luz, Margate (2025) ; à la galerie Rob Tufnell, Londres, et Gaylord Fine Arts, Los Angeles (2024) ; Croy Nielsen, Vienne et au Wiels, Bruxelles (2022), ainsi que dans des expositions collectives, notamment aux Bains Douches, Alençon et Laurenz, Vienne (2025) ; FRAC, Alsace (2024) ; Flat Time House, Londres (2022) ; MACRO–Musée d’art contemporain, Rome (2021) ; Centre d’art contemporain Ujazdowski, Varsovie (2020) ; FRAC Lorraine, Metz et Mostyn, Llandudno (2018) ; Kunsthalle Wien (2023 et 2016), Biennale de Berlin (2016) ; Swiss Institute, New York, Kunsthalle Bern et Witte de With, Rotterdam (2015) ; Sculpture Center, New York, Taipei Fine Arts Museum, ICA Londres, Fridericianum Kassel et Ullens Center for Contemporary Art, Pékin (2014) ; et White Columns, New York (2012). Mul dirige actuellement le Master of Fine Arts au KASK de Gand, après avoir dirigé le programme MFA à la HEAD de Genève.
Biographie de Benoît Lamy de La Chapelle :
Benoît Lamy de La Chapelle est commissaire d’expositions et critique d’art, membre de l’Association internationale des critiques d’art. Il a dirigé le lieu d’art contemporain ln extenso à Clermont-Ferrand (2016-2018) et le Centre d’art contemporain - la synagogue de Delme (2018-2024). Il a été directeur éditorial de La belle revue et a écrit pour les revues 02, MAY, Texte zur Kunst, Joyfully Waiting de même que pour des monographies d’artistes. Il est actuellement responsable du Centre d’art de la photographie de Bergerac et commissaire associé à La salle de bains, Lyon.
Avec le soutien financier de Direction régionale des affaires culturelles Occitanie, l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas et Wallonie-Bruxelles International.