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Coup de cœur
  VF Galerie
 Surf Now, Apocalypse Later, 2006, 80 mn, double disque vinyle 33t.,
500 ex., Arnaud Maguet, 1996

> Vernissage galerie VF le
> 24 mars 2007 à partir de 17h
> du 24 mars au 19 mai 2007
> 15 bd. Montricher, Marseille 1e
> 06 08 52 94 17
> www.vfgalerie.com


> site de la vente aux enchères
 
2007 semble être une année qui annonce des changements significatifs dans le paysage de l'art contemporain à Marseille. A l’automne, la direction des Musées a annoncé un grand événement (dont la configuration est encore floue) autour de la scène locale, tandis que d’autres projets surgissent à l'initiative non seulement des acteurs associatifs mais aussi du secteur privé. Les premiers ont amorcé une collaboration concernant la publication attendue d'un guide des galeries - une mise en réseau qui permettra peut-être d'envisager d'autres initiatives communes. Du côté du privé, et suite à l’espace vide laissé par la disparition de Roger Pailhas (dont l'expo au MAC connaît un remarquable succès public), on signalera l'organisation inédite à Marseille d'une vente aux enchères d'art contemporain le 3 mars 2007 et surtout l'ouverture ce mois-ci de la VF Galerie dans le quartier Longchamp. Située à proximité de la Friche, elle s’inscrit dans un périmètre en pleine transformation (avec la finalisation des travaux du tramway), où l’on trouve déjà les galeries Buy-Sellf Art Club, SMP et Où. VF est donc l’acronyme pour Véronique (Collard Bovy) et Fabien (Paoli), deux des acteurs les plus dynamiques de l’art contemporain à Marseille, ayant créé il y a sept ans l’association Sextant Et Plus, installée depuis 2001 à la Friche la Belle de Mai, responsable des ambitieuses expositions d’été avec Alexandre Périgot, Michel Auder et Christoph Büchel. L’exposition inaugurale, Altitude de Croisière (risque d’exposition au rayonnement cosmique), sera d’ailleurs l’occasion de retrouver Michel Auder, étoile filante de la scène new-yorkaise depuis le temps mythique de la Factory (dont l’exposition à la Friche est restée dans les mémoires comme l'une des plus marquantes de ces dernières années à Marseille). D’autres artistes de la constellation de Sextant embarquent maintenant dans l’aventure d’une galerie privée : Érik Samakh, Lionel Scoccimaro et Frédéric Clavère (qui expose actuellement une installation réjouissante au Centre d’Art Contemporain d’Istres). En plus d’Auder, l’ouverture internationale est prolongée par des artistes comme Cesary Bodzianowski et Simon Linke (remarqué au Consortium de Dijon), auxquels se joignent Arnaud Maguet, Aïcha Hamu et Emmanuelle Villard. Dans un contexte où le marché international de l’art traverse une période euphorique (et pour certains, dangereusement spéculative), ce nouvel espace cherchera aussi à susciter la vocation de nouveaux collectionneurs dans un marché local encore volatile. Pour l’instant, c’est le paysage artistique de la ville qui, en l’espace de quelques années, s’est vu sensiblement reconfiguré.
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Marie Bovo

> vernissage samedi 24 mars à 19 h
> 24 mars au 7 mai 2007
> Ateliers d’Artistes de la Ville de Marseille
>11-19 boulevard Boisson, Marseille (4e)
> 04 91 85 42 78
> www.air-marseille.net
 
L’une des premières séries de photos de Marie Bovo (actuellement exposée au Musée d’Art Contemporain) se compose de vues nocturnes de plages, éclairées par un clair de lune «artificiel» qui suscitent une ambiguïté de l’image entre son statut documentaire de l'image et la reconstitution d’un studio de cinéma. Comment parler de «réel» quand toute image implique nécessairement un point de vue et une appropriation du visible ? Pour son exposition aux Ateliers, Marie Bovo semble développer les implications politiques de la «mise en images» du monde. Dans une nouvelle série, elle photographie la combustion de journaux aussi bien occidentaux que japonais, coréens ou palestiniens. Une action renvoyant au rôle joué par les médias au sein des tensions internationales, dans la construction d’un «autre», étranger et potentiellement menaçant. Au temps ordonné de ces quotidiens répond un panorama de prises de vue au Caire suivant l’écoulement d’une journée. Face à la Babel médiatique, Bovo propose ensuite la musicalité des voix qui, dans deux installations vidéo, lisent en arabe certains chants de l’Enfer de Dante. En rappelant qu’une des sources de ce récit est un texte islamique (Livre de l’Echelle), l’artiste transforme le prétendu clivage des civilisations en rapport d’échange et d'hybridation culturelle.


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Abdelkader Benchamma, Sarah Tritz / Denis Brun

> Image : Denis Brun

> Abdelkader Benchamma/Sara Tritz
> vernissage le 29 mars à 19h
> du 30 mars au 28 avril 2007
> Galerie de la Friche La Belle de Mai
> 41 rue Jobin, Marseille (3e)
> 04 95 04 95 01
> www.asterides.org

> Denis Brun
> vernissage le 29 mars à 19h
> du 30 mars au 20 avril 2007 (sur rendez-vous)
> Galerie Le Haut de l’Affiche
> 44 rue Bernard Marseille (3e)
> 06 71 15 76 97
> www.lehautdelaffiche.com

L’exposition d’Astérides met en avant des permutations entre le dessin, la B.D., la peinture et la sculpture. Les dessins au trait clair et précis de Abdelkader Benchamma renvoient aussi bien aux labyrinthes mentaux de Kafka qu’à la schizophrénie de Radiohead. «Nous sommes juste des accidents qui attendent d’arriver», chantait Thom Yorke, semblant évoquer ces personnages ayant abandonné la maîtrise de ses propres actions, s’accrochant pour ne pas s’envoler, vomissant ses phrases. Sarah Tritz inscrit la peinture dans des sculptures rocailleuses, envisageant l’abstraction du côté des déchets du formalisme. Des accessoires rugueux pour un décor précieux, à l’image du mobilier bombardé de couleurs d’un Franz West. À côté de la Friche, la nouvelle galerie Le Haut de l’Affiche, dirigée par l’artiste Simon Bonneau, ouvre le même soir une exposition de Denis Brun. Le titre, Overground, reprend une expression de Jarvis Cooker du groupe Pulp (connu pour jouer avec ironie des codes de la musique pop), qui cherchait à interpréter le «glissement des valeurs culturelles» ayant permis à son groupe de passer de l’underground au mainstream. Est-il possible de prolonger le détournement des valeurs véhiculées par l’industrie culturelle du moment où on l’a rejointe ?
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Images du sommaire : Denis Brun
 
Emmanuelle Bentz
 > vernissage mercredi 21 mars à 19h
> du 22 mars au 14 avril
> Histoire de l’œil
> 25, rue Fontange, Marseille (6e)
> 04 91 48 29 92
> www.histoiredeloeil.com
Comment fonctionne la narration ? Quels en sont les ingrédients ? Dans le prolongement des activités de l’agence Poète Performeur School, Emanuelle Bentz joue du contexte de cette librairie pour déployer un manuel de construction de récits. Pendant toute la durée de l’exposition, une machine s’emploiera à cracher une page toutes les demi-heures avec un début d’histoire en guise d’exercise pour l’initiation à la mécanique narrative (focalisation, intrigue, introduction, dénouement, personnage). Le rapport au langage dans le travail de cette artiste singulière tourne à la déconstruction des postures littéraires (et artistiques) à travers de dispositifs «didactiques», à l’image de son école de la « performance permanente » (car «tout est performance, mais ça s’apprend»).  L’objectif étant une «prise de conscience du rien et de rien», comme pour dégonfler toute prétention du langage à dire la «profondeur» et le «mystère» supposés de l’intériorité et affirmer alors le pouvoir vertigineux de sa littéralité.
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Olga Kisseleva

 > c ommissariat de Alexandra Fau
> vernissage jeudi 8 mars à 18 h
> du 9 mars au 28 avril  2007
> Galerie Dukan & Hourdequin
> 83 rue d'Aubagne, Marseille (1e)
> 04 91 33 65 80
> www.dukanhourdequin.com

Pour la traduction de son roman Conclusive Evidence dans la langue russe et française, Vladimir Nabokov avait changé le titre en Autres Rivages, évoquant son expérience de l’émigration. L’artiste russe Olga Kisseleva s’en est inspirée pour construire une installation vidéo qui se déroule simultanément à Marseille et à Vladivostok, deux villes portuaires. Réagissant au contexte de la galerie, située dans une ancienne échoppe de la frénétique rue d’Aubagne, elle propose Where are you ? une série de photos où des galeries imaginaires se trouvent transposées dans des contextes imprévus autour du monde. S’interrogeant sur l’ambivalence entre diversité et uniformisation des villes, Kisseleva sonde «les stéréotypes fondés sur la singularité, le particularisme d’une communauté, qui finalement se trouvent plagiés par des sociétés de loisirs ou bien réactivés par des émigrants à l’autre bout de la planète».
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Sébastien Maloberti

 > jusqu’au 10 mars 2007
> Galerie de l'École Supérieure des Beaux-Arts
> 41 rue Montgrand, Marseille (6e)
> 04 91 33 11 99
> www.esbam.fr
Une maquette évoquant un vaisseau spatial laisse entrevoir à l’intérieur le bureau d’un conseil d’administration d’entreprise. L’une des vitres fumées de cet objet intergalactique ayant été brisée par le vol rageur d’une chaise miniature. Le jeune artiste Sébastien Maloberti a souvent exprimé son intérêt pour la littérature de science-fiction, des «machines fluides» qu’il traduit par «ce sur quoi nous n’avons aucune prise, L’espace qui lie de Dan Simons, l’inconscient collectif». Dans cette exposition étonnante, la valse de Strauss reprise par Kubrick dans 2001 Odyssée de l'espace sert de bande-son à une vidéo qui fait danser des mèches de perceuses trouant une planche jusqu’à dessiner un kaléidoscope halluciné. Le motif géométrique du moucharabieh est d’ailleurs repris dans un ensemble de sculptures bricolées où il dessine par le vide en perçant ses formes.
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Vanessa Henn

 Steady as she goes, acier, revêtement PVC, 250 x 240 x 120 cm, 2006

>vernissage 8 mars à 18h30
> du 9 au 31 mars
> Galerie RLBQ
> 41 rue Tapis Vert, Marseille (1e)
> 04 91 91 50 26
www.rlbq.com
L’artiste de Stuttgart, en résidence chez Triangle à la Friche, s’intéresse aux éléments à la fois fonctionnels et décoratifs de l’architecture d’intérieur, qu’il s’agisse des motifs du carrelage ou des rampes d’escalier. Elle reproduit les premiers avec de la moquette qu’elle installe parfois dans l’espace public (à la suite d’une résidence en Nouvelle-Zélande, où le recouvrement du sol aux motifs fleuris était associé aux colons d’Angleterre). Le confort moderne ramené à sa condition de revêtement de surface est ensuite prolongé par des murs de briques en trompe-l’œil. En détournant des rampes d’escalier, ces prothèses de l’architecture, l’artiste tord leur linéarité pour dessiner des motifs abstraits dans l’espace.
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