COUP DE CŒUR
  ENLARGE YOUR PRACTICE

The Straight Edge, Fabien Giraud, vidéo, 2005

> vernissage le 6 juillet à 18h30
avec des performances de Jochen Dehn, Thomas Lélu et Olivier Babin,
suivi d’une soirée musicale et d’un ipod battle au Petit Pavillon (54 corniche Kennedy 13007 Marseille)

> du 7 juillet au 15 septembre 2007
> Friche la belle de mai
> 41 rue jobin 13003 Marseille
> 04 95 04 95 94
www.sextantetplus.org

Image du sommaire : Raphaël Siboni, extrait de "La forme M", 2005, vidéo, 8m30s, courtesy de l'artiste

 
Dans un contexte artistique souvent encore dominé par l’obédience respectueuse à la référence philosophique et littéraire, est-il possible de prendre au sérieux les pratiques d’amateurs issues d’un «champ élargi» de la culture ? Pour les trois commissaires d’Enlarge Your Practice, Jean-Max Colard, Claire Moulène et Mathilde Villeneuve (la troupe des Inrockuptibles), invités par Sextant et Plus, la question ne se pose même plus. Une génération d’artistes, née pendant les années 80, a été biberonnée à la culture Internet, qui à la fois propage et nivelle ces pratiques, tout en inventant sa propre esthétique. De You Tube à Second Life, du paintball au tuning ou les fan-fictions, ce qui «semble à priori relever de l’accessoire et du loisir, recouvre en fait un niveau de codification quasi scientifique». Un lexique ultra-spécialisé désignant «des univers très pointus, avec leurs rituels, leurs temples, leur jargon, leurs repères, leurs cultes, leurs tribus bien particulières». Ces artistes, assumant souvent la posture du fan, de façon décomplexée, s’approprient «une surenchère de formes, une compilation de codes et de références, un excès d’énergies, et un certain engagement physique requis par la pleine réappropriation de ces pratiques à forte dose performative.» Plutôt que de pousser une énième jérémiade sur le trop plein d’images, ils proposent les leurs. Et les mettent online. Le paradoxe de cette surenchère peut apparaître du fait que la force matrice de ces pratiques est souvent issue de l’ennui – il suffit pour le comprendre d’écouter les albums de l’éveil musical de cette génération, de Pavement à Sonic Youth. Plus souterrainement, cette exposition pourrait répondre à une certaine mouvance artistique actuelle qui semble se cantonner à la seule citation ou référence à l’histoire de l’art. A la Friche, ces artistes affirment l’impureté et la contamination de leurs pratiques artistiques par un champ élargi d’expériences. C’est probablement l’exposition de l’année à Marseille.
Wilfrid Almendra, Olivier Babin, Bad Beuys Entertainment, Olaf Breuning, Brody Condon, Stéphane Dafflon, Jochen Dehn, Alain Della Negra & Kaori Kinoshita, Daniel Dewar & Gregory Gicquel, Olivier Dollinger, Cyprien Gaillard, Fabien Giraud, Pierre Joseph, Kolkoz, Emmanuelle Lainé, Thomas Lélu, Anthony Patti, Julien Prévieux, Maroussia Rebecq, Lionel Scoccimaro, Guillaume Ségur, Raphael Siboni, Jim Skuldt, Laurent Tixador & Abraham Poincheval, Raphaël Zarka
   
    Oriana Fox


All My Life, (title shot), video still, aprox 12 min., in progress

Toute ma vie
> vernissage/performance samedi 30 juin à 18h30 avec Sven Olivier Van Damme
> coproduction District / Triangle et la participation de Euphonia
(en parallèle sera exposée une installation de Lucien Bertolina)
> du 2 juillet au 4 août 2007
District
> 20 rue Saint-Antoine, Marseille (2e)
> 04 91 90 49 67
www.reddistrict.org

 
Post-féminisme ? Plutôt que sonner le glas du mouvement d’émancipation, Oriana Fox cherche à identifier et jouer avec distance des formes artistiques qui en ont résulté depuis les années 60. Tricot, auto-représentation, sémiotique de la cuisine, cunt power, il est désormais possible d’identifier la prégnance du féminisme dans l’art, ses récurrences formelles et ses poncifs. En refusant de s’inscrire dans un héritage bonnement admiratif, l’artiste londonienne (en résidence à Triangle) semble être arrivée trop tard pour rejouer les mêmes postures. C’est donc avec une perversité généreuse qu’elle endosse le rôle de certaines artistes féministes des années 70, comme Judy Chicago ou Hannah Wilke, en les faisant rejouer les dialogues de la série Sex In The City. Est-ce que la dimension politique de l’émancipation des femmes se serait dissoute dans les petits consensus de redistribution des rôles sociaux ? Tout en reconnaissant les combats menés, l’artiste semble jouir de tous les clichés «féminins» en les superposant pour les dynamiter. Toute Ma Vie récrée des scènes de danse de films musicaux et vidéoclips pour explorer un catalogue sarcastique du rôle passif de la femme dans l’imaginaire cinématographique. Le tout est enveloppé par une voix-off directement sortie d’un guide pour le développement personnel, avec maintes digressions sur l’amitié, l’amour et la «conscience positive». Au final, il ne reste plus une seule émotion qui puisse se distinguer de ce qu’on a vécu par les images.
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Ouest contre Ouest


Thaïlande, Bärd Kristiansen, 2006

Bärd Kristiansen, Kristian Dahl, Steinar Kristensen, Marius Notvik, Monica Winther
> vernissage jeudi 28 juin à 18h30
> 28 juin au 29 juillet  2007
> Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine
> 35 bis rue de la Bibliothèque, Marseille, 1er
> 04 91 47 87 92
www.art-cade.org

Bard Kristiansen cherche à dépasser la relecture ironique des genres académiques de la peinture, après que celle-ci ait encaissé toutes les reprises et morts annoncées. Suite à la désinvolture post-moderne, au mixage ironique de citations picturales, ainsi qu’à la relecture de l’abstraction par le biais du papier-peint, la peinture peut-elle se réfléchir sans forcément succomber à l’histoire de l’art ? Le poids de la culture picturale a fait de cette pratique l’un des terrains privilégiés de la négativité, à travers sa déconstruction, parfois sa destruction, la faisant constamment douter d’elle-même. Cette capacité à se faire violence est devenue l’un des endroits artistiques où il est encore possible d’interroger toute notion stable de goût, les critères définis par l’époque pour décider de ce qui est acceptable. Les peintures de Kristiansen peuvent donner l’impression d’une exposition collective, tant il rejette toute notion de style et de série assise sur la répétition d’une cohérence, n’existant que dans la promiscuité de ses œuvres. Ce jeune artiste, qui  vient d’intégrer l’équipe de la galerie des Bains Douches, rejoint quatre autres norvégiens pour l’exposition Ouest Contre Ouest qui envisage la culture occidentale en tant que mécanisme d’autodestruction, «région gastro-intestinale, énorme système digestif désordonné, doté d’un métabolisme qui échoue à distribuer et utiliser son énergie». Kristian Dahl décrypte le pathos comme une stratégie de brouillard qui légitime les structures du pouvoir. Steinar Kristensen nous conduit dans des contradictions rhétoriques qui intègrent les éléments de sa propre autodestruction. Marius Notvik s’intéresse aux systèmes de pouvoir envisageant le réel comme une fiction dominante, tandis que les performances de Monica Winther puisent dans notre «vision psychotique du monde, la conception paranoïaque de dangers et menaces, la télévision et la pharmaceutique, la fuite solitaire dans une vérité construite sur des illusions, l’influence de l’alcool et des psychotropes sur l’appréhension du monde et la façon dont le monde nous perçoit en retour». ////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
 
Vidéoïsme / 619.jpg / Speak Easy


La Fondation, Aurélien Froment, vidéo

Vidéoïsme
(en parallèle des expositions de Mariusz Grygielewicz et Stéphane Bérard)
> vernissage le jeudi 5 juillet à 17h, concert à 20h30
> du 5 au 21 juillet 2007
> Galerie RLBQ
> 41 rue tapis vert, Marseille (1er)
> 04 91 91 50 26
www.rlbq.com

Speak Easy
Jeudi 12 et vendredi 13 juillet à 21h
> 3 bis F, Hôpital psy. Montperrin
> 109 avenue du petit Barthélémy,
Aix-en-Provence
www.3bisf.com

619.jpg
Karina Bisch, Guillaume Constantin, Isabelle Cornaro, Isabelle Ferreira, Aurélien Froment, Charlie Jeffery, Gyan Panchal, Raphaël Zarka
> du 2 au 16 juillet 2007
> Cité radieuse La Corbusier,
apt 619, 280 Boulevard Michelet, Marseille (8e)
> visite sur rendez-vous de 11h à 14h et de 16h à 19h
> 06 82 57 49 00
www.lambassade.com

Proche d’une jeune génération d’artistes installés à Marseille, Raphaël Zarka revient (après son exposition à la galerie des Bains Douches) avec Vidéoïsme, une programmation de vidéos hétéroclites cherchant à «articuler une idée, une problématique ou une narration». Cette fois-ci, il s’agit d’une compilation autour de «la présence souterraine» de l’artiste Robert Smithson qui finit par en dessiner un portrait. Un scénario réunissant des vidéos d’artistes (Bad Beuys Entertainment, Aurélien Froment et Cyprien Gaillard), dont certains exposent au même moment à la Friche, des documents périphériques à leurs projets artistiques, mais aussi des films de skate, un documentaire de Sean Snyder ou un extrait de Guerry de Gus Van Sant. La galerie RLBQ ouvre pour l’occasion un nouvel espace d’exposition et de résidence à l’étage de la galerie, où Stéphane Bérard fait une reprise (renouvelée) de son exposition de l’année dernière. Le vernissage sera l’occasion d’un concert-performance de Nicolas Dick du groupe Kill The Thrill. Sans concertation, une autre exposition vient souligner la prise d'assaut de la ville par cette génération d'artistes "émergents". Raphael Zarka et Aurélien Froment, encore, tout comme Karina Bisch ou Gyan Panchal, sont rejoints par certains résidents d'Astérides (Guillaume Constantin, Isabelle Ferreira). Installée dans la chambre 619 de la cité Radieuse du Corbusier, cette exposition est organisée par le duo de commissaires L'Ambassade (Cécilia Becanovic et Maxime Thieffine) en collaboration avec Cécile Dauchez, proche du collectif MIX (http://mapage.noos.fr/vallos/). Leurs expositions ont l'habitude de créer un montage entre des oeuvres et des documents photocopiés, des extraits de films, d'essais ou de magazines, ainsi que des images prises sur Internet, "fonctionnant comme des liens hypertextes émanant des œuvres présentes". Le titre 619.jpg évoque d'ailleurs ce nouvel âge de la reproduction technique: en s'intéressant au trajet de la lumière dans l'appartement, l'exposition cherche à opérer le passage "d'une conception analogique de la lumière à son encodage numérique. Entre les deux, un processeur-boite noire articule la fusion des deux natures que sont l’optique et le numérique." A Aix, le 3bisF signale la fin de cette saison avec les soirées Speak Easy, à l’initiative des artistes résidents. Un «cabaret interactif» réunissant performances et installations, danse et musique, mené, entre autres, par les artistes Denis Brun et Elodie Moirenc ainsi que par l’étonnant chorégraphe Christophe Haleb. Maison close inspirée des bars clandestins de la Prohibition et du Cabaret Voltaire dada, Speak Easy invite le visiteur à s’encanailler à travers des cellules illicites (salle de pogo, sieste collective, machine à jouir, balançoire à plumes, tente de danse) où le plaisir se découvre «en douce, en cachette, sous le manteau».
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  Colin Champsaur

Monument mai 2007, Colin Champsaur

maneries habitare
> jusqu’au 1er juillet 2007

Chateau
> vernissage 7 juillet 2007 à 18h avec lecture de Brian Mura
> du 7 au 14 juillet

> Cul de Sac
> 30, bd de la Libération, Marseille
> 09 54 66 79 72
Posée sur un transporteur, une étrange machine noire, encombrée d'appareils techniques à l’apparence inutile, s’entête à émettre une version électronique rudimentaire de L’Internationale, toute en produisant un faisceau de lumière qui défaillit dans sa «lutte finale». Quel projet se trouve derrière ce sound-system pour une manifestation solitaire, à la fois enfermé dans une boucle autiste et joyeusement décidé à continuer de fredonner son combat au détour d’une rue ? Refusant de signer une quelconque fin des idéologies, ce Monument a la beauté triste d’une solitude partagée. Une performance sans acteur ni spectateurs, convoquant chez le jeune artiste Colin Champsaur la notion d’«événement» du philosophe Alain Badiou («Un événement est ce qui délimite un avant et un après incorrigible»).  C’est la deuxième exposition de Cul de Sac, lieu d’expositions et de résidences dirigée par Francis Ruggirello et Marion Abeille, qui reprennent le local de Tohu Bohu, la galerie emblématique crée en 1995, qui réunissait un noyau d’artistes allant de Denis Prunier à Franck et Olivier Turpin, en passant par Guillaume Pinard. La prochaine exposition s’approprie l’idée de «château» en faisant un motif plus qu’un thème, se voulant comme un contrepoint à une certaine vision de la culture issue de Versailles… Il s’agit, pour des artistes allant de Marc Quer à Marion Mahu, de «fabriquer son propre palais des glaces» plutôt que le restaurer.
Artistes de l'exposition Chateau : Claire Colin-Colin, Anthony Duchêne, Jean-Marie Hegoburu, Marion Mahu, Laure Maternati, Sabrina Morville, Briant Mura, Marc Quer, Justin Sanchez, Estelle Cherel
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Philippe Grandrieux / Alina Abramov
 Grenoble, Philippe Grandrieux, installation de deux vidéos (44’ et 17’). Production : Rose.
Crédit photographique : Corinne Thévenon - Grandrieux

Philippe Grandrieux
> vernissage le mardi 3 juillet à 18h
> du 3 au 14 juillet 2007
> table ronde entre l’artiste et Nicole Brenez le samedi 7 juillet à 18h
> Montévidéo
> 3 impasse Montévidéo, Marseille
> 04 91 37 14 04
www.montevideo-marseille.com

Installation-Charnière d'Alina Abramov
> rencontre avec l’artiste le lundi 2 juillet 2007 à partir de 15h
> du 2 au 13 juillet 2007
>Où
> 58 rue Jean de Bernardy, Marseille
> 06 98 89 03 26

 
Philippe Grandrieux est l’une des figures les plus désaxées du cinéma français, d’ordinaire gangrené par la dictature scénaristique du dialogue et des petites crises existentielles. Le cinéaste de Sombre se trouve du côté d’un no man’s land où se côtoient l’art contemporain et le cinéma expérimental. Il envisage le cinéma comme un matériau sauvage traversé par le désir, celui qui échappe à l’ordre narratif. «L’image ne nous montre pas le monde, elle rend compte de la façon dont nous sommes traversés par celui-ci». Grandrieux investit la totalité des espaces de Montévidéo avec trois installations vidéo (L’arrière-saison, Grenoble et Met) et discutera de sa démarche avec Nicole Brenez, brillante directrice des programmes de cinéma d’avant-garde de la cinémathèque française. «Ici le cinéma, dit-elle, au lieu de capter les reflets envoyés par la surface des choses, pétrit, étire, déploie, remodèle la substance optique des phénomènes comme si c’était de la glaise.» Une caméra pulsionnelle qui vient fortement interroger la notion de réel au cinéma et par là, tester la porosité du Festival International du Documentaire, partenaire de l’exposition. Dans le cadre du FID, on pourra aussi voir l’installation, plus classique, d’Alina Abramov à la galerie Où, qui s’est intéressée à l’organisation de l’espace urbain de la zone portuaire de Marseille. «Un certain ordre m’avait frappée : la mer, le Port Autonome, l'autoroute, les Docks et après la ville. Je fais des recherches et découvre que l'architecte s’est inspiré du modèle des Docks de Liverpool.» C’est donc à Liverpool qu’elle poursuivra ses recherches au Musée Maritime ou en récoltant des documents auprès des dockers, l’amenant ailleurs comme dans un jeu de piste. «L’enquête prend une tournure personnelle quand je réalise le rôle central joué par l'immigration dans ces espaces portuaires. Née à Bakou, devenue israélienne, vivant désormais en France, j’y lis des indices de déplacements de vie et cela m’interpelle. À partir de là, telle la pièce centrale d’un puzzle dont je ne possède pas encore tous les éléments, je repartirai vers Hambourg pour tenter de tracer un nouveau trajet
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