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| COUP DE CŒUR | VALÉRIE FAVRE | |
![]() du 27 mai au 20 septembre | Carré d’art-Musée d’art contemporain | Nîmes |
L’exposition des tableaux de l’artiste suisse Valérie Favre, au Carré d’art de Nîmes, est une formidable occasion de regarder la peinture par son versant expressionniste et de renouer avec le hasard du processus, l’aléas de la matière et de ce qui en découle (une lumière). Dans le prolongement du travail de Gérard Garouste, Valérie Favre, né en 1959, a d’abord envisagé sa vie comme interprète, puis s’est recentrée sur un travail d’auteur donnant libre court à des pensées proche de la dramaturgie et du conte. On retrouve beaucoup d’animaux, surtout des lapins aux oreilles infinies, une végétation brossée dans le jus de l’huile et des abstractions où le processus s’élabore au fond d’une baignoire avant d’être retravaillé à la verticale du mur. Valérie Favre est une des icônes de cette génération des années soixante qui n’a pas connu le logiciel dans la construction d’une identité. La main est l’élément majeur d’une forme d’épanouissement où le geste et la touche priment sur le concept et le protocole. En regardant son œuvre, on passe du ténébreux au lumineux, de l’instable et du fragile au spectaculaire. De grands formats nous rappellent que son travail s’adresse en grande partie à l’institution. Une fois le problème de l’argent réglé, la peinture devient magnifique dès lors qu’elle est déraisonnable.
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| RONI HORN |
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|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Roni Horn à la Collection Lambert en Avignon, c’est un peu un passage obligé dans le rapport artiste-galeriste. Parmi les nombreuses thématiques de la collection, Roni Horn a toujours été présent d’une manière ou d’une autre et ce quel que soit le sujet abordé. Qu’est ce à dire ? Que la photographie est finalement un vecteur de dialogue formidable, parce que sa pauvreté (le tirage papier) emmène le regard vers des choses beaucoup plus complexes que la contemplation d’une couleur. Le besoin de reconnaissance de la photographie vis-à-vis de la peinture est dépassé depuis longtemps. Il n’est plus question d’une course au grand format, mais plutôt d’une intériorisation de l’objet regardé. A travers cette image d’Isabelle Huppert, Roni Horn utilise les particularités de l’optique pour nous montrer ce qui se cache derrière l’apparence du fard. En contemplant les rides de ce visage étrangement fatigué, on devine le poids d’une carrière qui efface la mémoire d’une vraie histoire (l’intimité, la jeunesse, le rêve). Isabelle Huppert a su être aimée pour ses films, mais est-elle tant désirée dans la vraie vie ? On se rend vite compte qu’une photographie aborde n’importe quelle forme de langage, le complexe et le banal, le signifiant et celui beaucoup plus primaire de la rumeur. Ce n’est pas l’un au détriment de l’autre, c’est un tout qui se lit dans l’ordre et le désordre. Une manière de se soulager d’une image trop dure à regarder. |
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| JULIEN BLAINE |
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|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| La rétrospective de Julien Blaine au Mac fait grincer des dents. D’abord parce que Julien Blaine n’est pas un artiste noble au sens propre du terme. Né Christian Poitevin, fils d’un des fondateurs du quotidien La Marseillaise, dont la vocation première était d’informer la résistance, Julien Blaine a repris à son compte, cette idée de combattre l’institution en sachant mieux que quiconque, la mettre dans sa poche. Il est beaucoup question de l’origine de l’écriture et de la mise en scène de soi, entre une recherche de la poésie et une autodérision du corps qui joue l’homme sandwich, le performeur, le sosie. La revendication politique trouve sa place dans le musée dès lors que son message dépasse l’actualité pour confronter les générations au regard de l’histoire. L’histoire chez Julien Blaine, c’est Julien Blaine avec cette question évidente sur qui je suis au regard de ce que je désire ? Loin de chercher des réponses (un leurre), l’artiste prend le parti de l’incongru et du volontairement naïf (le direct) dans une façon très marseillaise de dire, si je me comprends, vous me comprendrez aussi. Dans la déconstruction du sens, il y a une part de nihilisme et un art d’établir des fondations sur le vide. C’est dans cette inversion des valeurs que le travail de Julien Blaine prend tout son sens, Parce qu’être fils de… crée des failles dans l’identité et demande une vie entière pour tout reconstruire. |
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ROBERT LONGO |
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![]() du 27 juin au 29 novembre | Mamac- Musée d’art contemporain | Nice |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Le Mamac organise une rétrospective des œuvres marquantes de Robert Longo. Au-delà du spectaculaire de la technique et des formats, se cache une posture de l’enfant effrayé et fasciné par l’imagerie véhiculée par les médias : une lame de fond, un champignon nucléaire, un homme croulant sous l’impact invisible des balles. Robert Longo aime le travail au crayon et il prend le temps de le faire savoir dans une technique irréprochable où la minutie nous donne à voir une image qui se confond avec la photographie (le support), mais où le gigantisme des formats nous emmène plutôt du côté du théâtre et de la dramatique du noir. L’obscurité des ombres révèle une vie où la main s’acharne à retranscrire une profondeur. Il y a une forme de mutisme et d’abandon dans l’isolement de l’atelier à l’écart de tout, là où la méditation atteint son paroxysme. Robert Longo est un artiste hors norme, parce qu’il persiste à inscrire dans le paysage de l’art une posture désuète et démesurée qui ne dialogue qu’avec ses fans. C’est aussi l’attitude du leader d’un groupe de Rock, parce que la musique (la basse) est sa deuxième passion. Dans le prolongement de l’œuvre d’Andy Warhol, les visuels de Robert Longo deviennent des icônes, non pas dans leur répétition, mais dans leur unicité et leur rareté. |
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