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LES LAURÉATS



Christine Coulange

Sisygambis

Christine Coulange et Nchan Manoyan, vidéastes et compositeurs, proposent une écoute du monde, une expérience visuelle et sonore en prise avec l’intensité du réel. En 1989, ils créent Sisygambis, comme on entre en aventure. La chute du Mur de Berlin leur fait partager, avec des réseaux d’artistes tchèques, russes, polonais, des moments forts où expression expérimentale et engagement politique vont de pair. Expéditions au fin fond des terres froides, collecte de sons et d’images re-traités dans des concerts et des films définissent, dès le début des années 90, des choix, une identité artistique : contacter l’autre en sa culture, transposer l’intensité de l’expérience en public.

Dix ans plus tard, le projet de la Route de la Soie les emmène six mois durant de Marseille à Shanghai.Pendant les six mois de cette expédition, ils ont capté images et sons, visages, présences, avec toujours en tête le désir de transformer au retour ces fragments d’expériences et de partager, tous sens confondus, les cérémonies des moines tibétains, la mêlée et les cris saturés des vendeurs du marché, les couleurs du Bazar de Kashga où se croisent Ouighoures, Afghans, Pakistanais, Ouzbeks, Kazaks, Kirkizes, Mongols...
La richesse des documents et des rencontres les pousse, au retour, à créer des installations multimédia dans divers festivals nationaux et internationaux :
Cinémas de demain (Paris, Centre Georges Pompidou, 2004), Festival Nemo (Paris, Forum des images, 2004), Festival International du Film (La Rochelle, 2004), Festival 38e Rugissants (MC2 Grenoble, 2004), Le Cube (Issy les Moulineaux, 2004), Médiathèque d’Issy-les Moulineaux (2005), Carrefour de l’Image de l’Océan Indien (Le Port, Ile de la Réunion, 2005), Festival d’Art Français à Kuala Lumpur (Malaisie, 2005), Centre des Arts (Enghien-Les-Bains, 2005), Université Paris 8 (Saint-Denis, 2005), Festival « Les Musiques » GMEM (Marseille, 2006), Festival Les Escales (Saint-Nazaire, 2006), Festival Les Joutes (Correns, 2007).

En 2005, ils reçoivent à La Réunion le Prix Möbius France de la Création Multimédia pour leur installation sur la Route de la Soie. A partir de là, se confirme leur détermination : relier la Méditerranée à l’Océan Indien pour développer jusqu’en 2013 un nouveau projet.
  • De la Méditerranée à l’Océan Indien | Maroc
  • De la Méditerranée à l’Océan Indien | Egypte
De la Méditerranée à l’Océan Indien Suivre le projet sur le blog
LAURÉAT
2008

A travers le projet De la Méditerranée à l’Océan indien, Sisygambis traverse un territoire qui réunit la musique de transe, fil conducteur de leur parcours : Zar en Egypte, Tarante en Italie, chants Masaï en Tanzanie, rituels Sufi au Maroc et aux Comores, et musique élec- tronique, autre musique de transe. Attentive aux paysages naturels, aux pratiques quotidiennes, à la présence toujours singulière des hommes, la démarche artistique fusionne, par les voies numériques, scansions traditionnelles et beat électronique, images de cultures ancestrales et contemporaines.

Au retour des expéditions, résidences, ateliers, tournages et enregistrements sur cette route des Suds, Sisygambis crée des expositions, concerts, installations multimédia qui réfractent et transforment ces expériences en les partageant avec le public. C’est lors d’une première phase, de 2007 à 2009 que Mécènes du Sud apporte son soutien au projet.

Work in progress : Worlds of the Indian Ocean (Nairobi, Kenya, 2009), Salon International du Livre et des Arts & Cinémathèque (Tanger, Maroc, 2010), Friche La Belle de Mai (Marseille, 2009 & 2010), Centres Culturels Français (Alexandrie, Le Caire, Egypte 2009 & 2010), Rencontres Méditerranéennes du Var (Toulon, 2010), Festival MIMI (ïle du Frioul, Marseille, 2010)


KAOS
De la Méditerranée à l’Océan Indien
LAURÉAT
2009

En 2009, Mécènes du Sud soutient la deuxième phase du projet De la Méditerranée à l’Océan Indien, celle de la post-production. Elle est également celle des ateliers, des rencontres publiques, et de la présentation du travail en cours en France (à Marseille à la Friche de la Belle de Mai, à Nice à la Villa Arson, à Paris au CNAM Centre National des Arts et Métiers), et à l’étranger : au Maroc (Cinémathèque de Tanger), en Egypte ( Alexandrie, Le Caire), Italie (Spec- chia), au Kenya (Nairobi).

A Marseille l’association Les 7 portes présente KAOS, une installation vidéo- photographique de Sisygambis sur le Salento, créée à Specchia et tournant cette année en Europe (Rome, Cracovie, Helsinki).
Le Salento, talon de l’Italie, terre très ancienne, s’ouvre aujourd’hui à la modernité, aux intrusions mécaniques mais aussi à l’écologie. Dans l’espace immobile de chaleur, dans les strates du temps, coexistent la mémoire des origines et le choc des transformations. KAOS, pour les mutations à l’œuvre. Ordre et désordre mêlés. C’est l’autre regard de Sisygambis, Christine Coulange et Nchan Manoyan, qui souligne du Salento les faces cachées. Leur regard révèle un contexte.

  • De la Méditérranée à l’Océan Indien, 2011 © Sisygambis
  • De la Méditérranée à l’Océan Indien, 2011 © Sisygambis
  • De la Méditérranée à l’Océan Indien, 2011 © Sisygambis
  • De la Méditérranée à l’Océan Indien, 2011 © Sisygambis
De la Méditerranée à l’Océan Indien
LAURÉAT
2011

En 2011, Mécènes du Sud renouvèle son soutien à Sisygambis et son projet De la Méditerranée à l’Océan Indien, les rythmes de la transe, dans le cadre de l’installation-performance créée à la Villa Méditerranée à Marseille en octobre 2013 et à la Friche la Belle de Mai en novembre 2013.Œuvre réalisée dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la Culture.

Christine Coulange achève, par cette création sur trois écrans, un travail multimédia au long cours : 5 ans de voyages, enregistrements, composition d’images et de sons en suivant les musiciens, les rites et les cérémonies dans les villages et les déserts, les îles et les villes du grand arc reliant la Méditerranée à l’Océan Indien.

C’est une longue traversée sur la Route des épices, un vaste périple d’images sonores, rythmé de l’Egypte au Laos et à la Malaisie, via la Tanzanie, le Kenya, les Comores, Zanzibar. On suit le fil rouge des rituels, rares et puissants, l’espace des paysages, les détails de la vie quotidienne... Ouvrant l’œil et prêtant l’oreille au rythme des actes, aux pratiques collectives, au balancement des corps, aux mélopées répétitives, Sisygambis noue les musiques traditionnelles et les sons ambiants à ses propres compositions électroniques.
Portés par la musique de transe et les motifs croisés des cultures ancestrales et contemporaines, les cinéastes-compositeurs ont voulu transmettre, à travers ce sampling musical et visuel, la marque des gestes, la singularité des voix ordinaires ou extraordinaires, la beauté et la présence de ces hommes et de ces femmes à l’autre bout de notre monde commun.

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