# janvier 2012de curiosités
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NICOLAS CANTE IMPROVISIUM 1.1


Dans le cadre de la 5ème édition du petit festival « Autour du Piano » de La Méson, Nicolas Cante sera en concert solo à la Cité de la Musique le 12 janvier.



Nicolas Cante. © BRX

Excellent pianiste et surtout artiste surprenant comme peu d’autres depuis ses débuts sur scène, il s’inscrit dans une lignée de musiciens pour qui la virtuosité s’efface devant la musicalité et la poésie. Avec un premier album sous le nom de Mekanik Kantatik, son audience a commencé de s’élargir au-delà des cercles d’amateurs de jazz ou de musiques électroniques pointues qu’il avait touchés jusqu’ici. Alors qu’un deuxième Mekanik Kantatik est déjà enregistré, et que le nouveau live (toujours avec Gilles Toutevoix à la vidéo) sera préparé en résidence à Tulle ce mois-ci en prévision d’une sortie en avril, Nicolas Cante présente Improvisium 1.1, où toute la matière sonore de son piano électroniquement préparé est de nouveau transformée en direct par ses soins. Un concert qui marquera la sortie d’un nouvel album et la mise au jour d’un nouveau concept musical.

Stéphane Galland : Ces dernières années tu multiplies les alias (Nikoll, Kantate, Mekanik Kantatik...) et tu viens de créer un label, Kantatik Musik. On dirait que tu ne sacrifies rien de ta liberté créative et de ton indépendance…
Nicolas Cante : Je suis curieux et j’aime changer. Avoir mon propre label et me produire sous différents noms me permet de me balader dans des univers musicaux, artistiques et humains variés. On joue la musique que l’on est et l’on est pas toujours le même. À travers chacun de ces projets je m’exprime de différentes manières, cependant le discours reste le mien… À savoir la liberté d’être soi et de donner à l’autre grâce à la musique.

S. G. : Comment ton nouveau projet et l’album Improvisium (que tu portes sous ton vrai nom) s’inscrivent-il dans ta démarche et ton travail ?
N. K. :
Improvisium 1.1 n’est pas un nouveau projet. Il est à l’origine de ma démarche artistique, de mes expérimentations. Aujourd’hui, il était essentiel pour moi d’enregistrer ce projet avant de sortir un prochain album de Mekanik Kantatik. Car même si la forme de ces deux projets est identique (piano + ordinateur), le fond est totalement différent. Avec Improvisium, je ne cherche pas à plaire (ce que je cherche plus avec Mekanik Kantatik), je cherche tout simplement à me perdre dans le son et le piano, à me surprendre et du coup à surprendre le public. Il n’y a pas de voix, pas de groove, pas de jeu de scène. Seulement du son, les sphères et nous. Le hasard, grâce à l’aléatoire numérique de l’ordinateur, est la base de ces improvisations expérimentales. Je ne sais jamais où je vais aller quand je commence un morceau, mais j’y vais quand même… Je sais que quelque chose va arriver ! J’explore les possibilités !

S. G. : Tu sembles affectionner le travail en solo ou en duo, y a t’il des raisons particulières à cela ?
N. K. :
Non, pas vraiment, en ce moment c’est comme ça. J’aime me retrouver seul, face au piano, face au public, face à moi-même. Je sais plus ou moins quelles émotions je veux faire passer et comment y arriver. J’ai longtemps travaillé pour d’autres artistes (musiciens, danseurs, théâtre...) ou joué dans des groupes divers. Les rencontres musicales peuvent être magnifiques et apportent énormément. Mais on a vite fait de s’oublier et d’oublier pourquoi on a choisi de « vivre la musique ». Aujourd’hui, grâce au piano et à l’ordinateur, je me suis créé un instrument me permettant d’être aussi puissant qu’un big band de jazz ou un groupe de hardcore serbe… Même s’il me tarde de retrouver l’énergie du groupe.

S. G. : Un nouvel album de Mekanik Kantatik va sortir en 2012, que peux-tu déjà en dire ?
N. K. :
Contrairement à Improvisium 1.1, projet introspectif et mystique, le prochain Mekanik Kantatik sera lumineux, joyeux et festif. Une musique plus pop-électro, décalée… Pour donner des envies de légèreté, des envies de chanter et de danser.

S. G. : Laurent De Wilde/Otisto23, Aufgang (avec les pianistes Tristano et Khalifé), pour ne citer que les plus connus... : les projets alliant “piano” et “techno” semblent fleurir, notamment en France. Quel regard portes-tu sur cette tendance ?
N. K. :
La tendance actuelle est d’utiliser toutes nouvelles ressources offertes par les technologies sur divers instruments notamment le piano. Parfois, cette tendance semble plus tenir de la performance technique que de la création artistique. Mais chacun vit le piano et la techno à sa façon. Je préfère me concentrer sur l’infini des possibilités de création qu’offrent les nouvelles technologies, pour apporter quelque chose de personnel et différent. Avec un matériel identique (piano acoustique, Ableton Live), la musique de Laurent de Wilde/Otisto 23 et la mienne ne sont pas du tout les mêmes.

S. G. : Tu te frottes à d’autres disciplines (arts de rue, images...). Comment cela nourrit-il ton travail et quelle importance revêtent ces croisements pour toi ?
N. K. :
Tous ces croisements avec d’autres pratiques artistiques m’ont permis de construire mes projets et d’affirmer ma personnalité. J’ai appris à mieux appréhender mes personnages, mon rapport à la scène, au public, jouer avec l’espace, mon corps, mon expressivité et prendre du recul sur mon rôle de musicien.

Cité de la Musique de Marseille • 4 rue Bernard du Bois • Marseille 1er • 04 91 91 55 23
www.citemusique-marseille.com
www.kantatik.net

 

 

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