// 2004arts visuels

LES LAURÉATS


Judith Bartolani

Née en 1957 en Israël, Judith Bartolani vit et travaille à Marseille. Etudiante à l’Ecole des Beaux-Arts de Luminy, Judith Bartolani y fut conseillée et encouragée par le sculpteur Toni Grand. Exposant régulièrement depuis les années 1980, elle se situe à l’écart des nombreux sculpteurs de sa génération qui sont préoccupés par l’objet. Elle maintient le danger et la menace de destruction comme élément nécessaire à la réalisation de ses pièces, comme surpassant sa "quête de justesse". Si certaines œuvres sont abstraites, nombreuses sont celles où la forme devient suggestive mais sans jamais aborder une quelconque narration.

Pendant quatorze ans, Judith Bartolani s’est associée à Claude Caillol, jusqu’en 2001, date de sortie du film d’animation Blister qui clôture leur collaboration. En effet, de leur complicité née à l’Ecole des Beaux-Arts dont l’enseignement est, à l’époque, dogmatisé par le mouvement "supports/surfaces", naît entre eux une pratique de l’objet associée à un travail de copies réciproques.

"Nous nous intéressons aux objets dont on ne connaît pas ou dont on a oubilé les inspirations philosophiques et sociales qui les ont produites." (Entretien avec Eric Mangion, directeur du FRAC PACA)
  • Funérailles de Sara/Nos funérailles, 2005, Livre à double face, 728 pages de dessins, pastel, fusain, correcteur, feutre, gouache, pigments, mine de plomb 14 x 32 cm
  • Les funérailles de Sara, 2005, Livre, plexiglas, pastel gras, résine époxy, fil de fer, fibre de carbone, 210 x 210 x 200 cm. Vues de l’exposition Nos Funérailles, Galeries des ateliers d’artistes de la ville de Marseille. Photographies Denis Prisset
  • Nos funérailles
Nos funérailles
LAURÉAT 2004

Nos funérailles est une interrogation : Comment peut-on continuer à accepter la pauvreté, la trivialité des objets qui entourent la mort : cerceuils, urnes, objets que l’on dépose sur les tombes, pierres tombales, compositions florales, cérémonies ?

Cinq personnes ont accepté d’inventer avec l’artiste leurs funérailles « idéales ». Pour ces personnes et pour elle-même, Judith crée les objets et les rites qu’elles souhaitent. Cette création a pu être découverte pour la première fois lors de son exposition aux Ateliers d’Artistes de la Ville de Marseille.

« Il ne s’agit pas de vouloir tout à coup et sous prétexte de 21ème siècle, révolutionner les cimetières et les transformer en musées de design ou d’art contemporain. Mais bien de constater que le choc que les familles ont à assumer est souvent brutalement, renforcé par l’anesthésie totale qu’ils doivent subir dès qu’il s’agit pour eux de se déterminer par rapport au choix des derniers objets qu’ils vont offrir à celui dont ils doivent faire le deuil (...). On n’a pas le choix et on choisit « pour le moins laid ». Et la souffrance nous assomme deux fois (...). L’important pour moi, c’est d’abord « d’élargir » le choix, de donner la possibilité de pouvoir choisir le décor du rituel de la mort (...)" Judith Bartolani.

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