# février 2012de curiosités
ÉDITÉ PAR MÉCÈNES DU SUD, COLLECTIF D'ENTREPRISES DE MARSEILLE-PROVENCE

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José-Manuel Crenes





José-Manuel Crenes, Directeur général de Cabus & Raulot

José-Manuel Crenes, vous dirigez actuellement Cabus et Raulot, une filiale du groupe Sonepar. A votre arrivée, courant 2011, vous avez décidé de poursuivre et de dynamiser les activités de mécénat auxquelles se livre l’entreprise depuis longtemps déjà…
Oui, j’appartiens au groupe depuis vingt cinq ans. C’est un leader mondial sur le marché de la distribution du matériel électrique. J’ai vécu dans un grand nombre de villes : Grenoble, Lyon, Dijon, Saint-Etienne, où j’ai eu l’occasion de faire du mécénat, ou du moins de sponsoriser tel ou tel type d’événements, variables selon la culture locale. Il ne s’agissait pas forcément d’événements culturels. A Dijon par exemple, ont lieu de grandes opérations autour des vignes et du vin. Personnellement originaire de Séville, je nourris depuis toujours une passion pour l’histoire et la culture. En arrivant à Marseille, il m’a semblé pertinent de continuer à entretenir les liens avec Mécènes du Sud, notamment pour découvrir Marseille et ainsi m’intégrer dans la ville.

Vous qui avez voyagé, ne trouvez-vous pas que Marseille soit une ville particulière ?
Toutes les villes sont particulières ! Le fait d’être à part caractérise tellement de villes, de pays… Avant d’y vivre, je connaissais Marseille pour le football. J’ai moi-même joué à un bon niveau, et je venais assister à des matches de l’OM au Vélodrome depuis plus de quinze ans. Aujourd’hui, j’approfondis ma connaissance des lieux. Ce qui est frappant, c’est qu’il s’agit d’un territoire enclavé entre mer et montagnes, véritables frontières visuelles : à la différence de Lyon, une ville beaucoup plus simple à découvrir, Marseille s’avère complexe, sans parler de la circulation… En ce qui concerne le climat, je retrouve celui de mon enfance à Séville ; c’est important, ça influe sur le caractère des gens : ici, tout le monde est plus souriant, ce n’est pas un cliché ! S’il y a une particularité à Marseille, c’est que tout est multiplié par dix. S’il y a un accident ou un problème, il y a beaucoup de battage.

Vous appréciez Marseille : souhaitez-vous donner une autre image de cette ville parfois mal considérée ?
Bien sûr, et je suis certain que cela passe aussi bien par la promotion de la culture que par l’encouragement des initiatives des jeunes. A Dijon, j’étais juré pour une école de commerce. J’y ai rencontré des jeunes gens extraordinaires : ils se battent, ils étudient. Je suis aussi investi dans des associations, notamment celles qui s’occupent de sport, et particulièrement de vélo. Encourager la circulation à vélo, voilà qui permettrait aussi de donner une bonne image de cette ville. Mécènes du Sud prend, dans sa catégorie, d’excellentes initiatives. Leurs objectifs m’intéressent, même si pour l’instant je manque encore de connaissances en la matière. Je viens de m’entretenir avec Bénédicte Chevallier, Déléguée générale et Corinne Brenet, Présidente de l’association, les perspectives sont intéressantes.

C’est le sens de votre engagement dans des associations ?
Oui, aider la jeunesse passe par là : je suis favorable à la subvention spontanée, sans chercher à en tirer profit. Je suis hostile à « l’esprit tam tam », qui consiste à agir de façon intéressée. Selon moi, l’entreprise a un rôle social à jouer. Je milite en faveur du respect et de l’équité et je trouve normal de donner un peu de ce que j’ai reçu. Nous vivons dans un monde particulier… Cela semble bizarre, mais il y a aussi des gens normaux ! Vous ne m’avez pas demandé mon âge : j’ai 49 ans. Voilà peut-être pourquoi je tiens ce discours. Je connais maintenant beaucoup de régions, et ma vision du monde traduit cette expérience de la diversité, sans doute différente de celle des gens qui ont toujours vécu au même endroit. J’ai conscience des distinctions culturelles d’une ville à l’autre : malgré la proximité géographique, Saint-Etienne n’a rien à voir avec Dijon, qui ne ressemble pas à Lyon…

A propos de culture, quels arts préférez-vous ?
J’aime beaucoup la musique. Je fais de la guitare flamenco : en Espagne, on ne va pas faire du violon, n’est-ce pas… J’aime aussi la peinture ; je connais mal l’art contemporain, mais je suis curieux, prêt à découvrir de jeunes artistes et à redonner un rôle moteur à Cabus et Raulot au sein de Mécènes du Sud. Vous l’avez compris, c’est l’aspect socioculturel qui m’importe avant tout : fédérer, rassembler, et non pas forcément se spécialiser. De toute façon, lorsque nous avons des affinités dans un domaine, cela permet de créer de nouvelles relations. D’évidence, Marseille est une ville de réseau. Cela demande du temps pour constituer des liens durables, moins fondés sur le business que sur la passion. A ce titre, Mécènes du Sud m’ouvre de nouveaux horizons, à n’en pas douter.

 



Mécènes du Sud  
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